8 mythes sur le consentement et la violence sexuelle
Entre ce qu’on voit dans les films, ce qu’on entend de nos ami.e.s et ce qu’on considère parfois comme « normal » dans une relation, certaines idées sur le consentement peuvent finir par nous sembler vraies. On démêle 8 mythes pour t’aider à mieux reconnaître tes limites et celles des autres.
💡 Petit rappel: le consentement, c’est un accord libre, clair et volontaire. Il doit être présent tout au long d’une activité sexuelle et peut être retiré à n’importe quel moment.
Mythe 1: Si la personne ne dit pas « non », c’est que c’est OK.
Réalité: L’absence de « non » ne veut pas dire « oui ». Si l’autre hésite, ne répond pas, se fige, arrête de participer ou semble mal à l’aise, on s’arrête et on vérifie si tout va bien. Le consentement peut aussi s’exprimer autrement que par des mots. L’important, c’est de s’assurer que l’autre participe volontairement et a réellement envie de ce qui se passe. En cas de doute, on demande!
Mythe 2: Une fois que j’ai dit oui, je ne peux plus changer d’idée.
Réalité : Tu peux toujours ralentir, arrêter, faire autre chose ou changer d’idée. Dire oui à un baiser ne veut pas dire oui à tout ce qui pourrait suivre. Même si vous avez commencé, même si tu avais très envie quelques minutes plus tôt, tu peux dire stop. Et tu n’as pas besoin d’avoir une « bonne raison ».
Mythe 3: Demander le consentement, ça casse le mood.
Réalité : Vérifier que l’autre a envie de continuer peut au contraire créer de la confiance et rendre le moment plus agréable. Pas besoin d'en faire quelque chose de compliqué :
« Tu aimes ça? »
« Tu veux continuer? »
« J’ai envie de… ça te tente? »
« Est-ce que je peux…? »
Mythe 4: Quand on est en couple ou qu’on aime quelqu’un, le consentement va de soi.
Réalité: Être en couple ne donne jamais un droit sur le corps de l’autre. Et aimer quelqu’un ne veut pas dire avoir toujours envie d’avoir des relations sexuelles avec cette personne. Le désir peut varier selon ton humeur, ton énergie, ton niveau de stress ou simplement le moment. Tu as toujours le droit de ne pas avoir envie.
Mythe 5: C’est normal d’insister si j’en ai vraiment envie.
Réalité : Insister, culpabiliser, négocier ou essayer de convaincre quelqu’un après un refus, c’est exercer de la pression. Un « oui » obtenu sous pression n’est pas un consentement libre. Respecter les limites de l’autre, c’est aussi accepter sa réponse sans essayer de la faire changer d’idée.
Mythe 6: Si mon corps réagit, ça veut dire que j’en ai envie.
Réalité : Une réaction physique peut arriver automatiquement, même lorsqu’une personne n’a pas envie de ce qui se passe. Une érection, de la lubrification ou d’autres signes d’excitation physique ne signifient donc pas qu’une personne consent à une activité sexuelle.
Mythe 7: Les gars ont toujours envie.
Réalité : Non! Le désir varie chez tout le monde, peu importe le genre. Un gars peut ne pas avoir envie, dire non ou changer d’idée. Personne ne devrait se sentir obligé.e d’avoir une relation sexuelle pour correspondre à ce qu’on attend de son genre, pour faire plaisir à quelqu’un ou parce que « tout le monde le fait ». Et non, il n’y a pas non plus d’âge auquel on devrait absolument avoir eu sa première relation sexuelle. Chacun.e avance à son rythme.
Mythe 8: Une violence sexuelle, c’est nécessairement commis par un.e inconnu.e qui fait usage de sa force physique
Réalité : Une violence sexuelle ne laisse pas nécessairement de marques physiques et n’implique pas toujours l’usage de la force. Elle peut aussi passer par de la pression, de l’insistance, de la manipulation, du chantage ou des menaces. Et la personne qui commet une violence sexuelle peut être quelqu’un qu’on connaît, y compris une personne qu’on aime ou en qui on a confiance. C’est justement ce qui peut parfois rendre la situation plus difficile à reconnaître.
En cas de doute, voici des ressources qui pourront t’aider!
Aidez-moi SVP: Pour les jeunes victimes d’intimidation sur Internet ou qui veulent bloquer la propagation d’une photo, d’un sexto ou d’une vidéo sur Internet.
SOS violence conjugale: Pour les personnes victimes de violence conjugale ou concernées par cette problématique.
Info-aide violence sexuelle: Pour les victimes d’agression sexuelle et leurs proches.
CALACS (Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel): Pour les victimes d’agression sexuelle et leurs proches.
CAVAC (Centre d’aide aux victimes d’actes criminels): Pour les victimes et les témoins d’actes criminels, ainsi que leurs proches.
AVIF (Action sur la violence et intervention familiale): Pour les adolescent·es qui veulent cesser les comportements de contrôle et de violence.
Option: Pour les personnes qui souhaitent arrêter des comportements violents dans un contexte conjugal et familial.
Centre d’intervention en délinquance sexuelle: Pour les adolescent·es et les adultes qui ont commis un délit de nature sexuelle ou qui ont des fantasmes déviants sans passage à l’acte.