Mon ado se fait intimider: comment l’aider à s’en sortir
Voir son ado vivre de l’intimidation, c’est bouleversant… et on peut vite se sentir impuissant.e.. Pourtant, il existe des gestes simples et concrets pour l’aider à se sentir en sécurité et à reprendre confiance.
À retenir
👉 Repérez les signes possibles, même si votre ado n’en parle pas (isolement, changements d’humeur, baisse scolaire, etc.).
👉 Accueillez sa parole avec calme, sans juger, et rappelez-lui que ce n’est pas sa faute.
👉 Agissez ensemble et mobilisez l’école, avec un plan clair et un suivi (et demandez de l’aide au besoin).
Reconnaître les signes, même quand votre ado n’en parle pas
Un ado qui vit de l’intimidation ne vient pas toujours en parler. Il peut avoir peur des conséquences, ressentir de la honte ou penser que personne ne peut l’aider.
Toutefois, certains changements dans son comportement devraient attirer votre attention: une baisse de motivation pour l’école ou un refus d’y aller, de l’isolement, de la tristesse ou de l’irritabilité, des troubles du sommeil, des plaintes physiques fréquentes (« je ne me sens pas bien »), des notes qui chutent, davantage de secrets, des blessures ou des objets perdus/volés…
Ces signaux ne prouvent pas automatiquement qu’il s’agit d’intimidation, mais ils méritent qu’on s’y intéresse avec douceur et ouverture.
Accueillir la parole sans juger
Si votre ado se confie — ou si vous soupçonnez quelque chose — votre réaction peut faire toute la différence. Le plus important est de rester calme et à l’écoute: laissez votre jeune parler à son rythme, sans l’interrompre ni lui dire ce qu’iel « aurait dû faire ». Essayez plutôt de l’aider à raconter ce qui s’est passé et à mettre des mots sur ses émotions: peur, humiliation, colère, tristesse…
Évitez de minimiser (« ce n’est pas si grave ») ou de dramatiser (« je vais aller régler ça moi-même »), car votre ado pourrait alors se refermer. Rappelez-lui qu’iel a bien fait d’en parler, que ce n’est pas de sa faute et qu’iel a le droit d’être respecté.e et en sécurité.
Agir ensemble: construire un plan, pas une vengeance
Une fois l’émotion accueillie, vous pouvez chercher des solutions ensemble. Demandez-lui ce qu’iel a déjà essayé, ce qui l’aiderait à se sentir plus en contrôle et s’il y a des moments ou des lieux où l’intimidation est plus présente. L’objectif est de l’aider à reprendre du pouvoir, sans l’encourager à se venger ou à répondre par la violence (même si l’envie de « se défendre » peut être forte).
Parfois, des stratégies simples peuvent améliorer la situation : rester près d’ami.e.s fiables, éviter certains endroits, se déplacer en groupe ou s’éloigner rapidement si ça dégénère, par exemple.
Vous pouvez aussi pratiquer à la maison une posture plus assurée et des réponses non agressives, afin que votre jeune se sente mieux préparé.e.
Mobiliser l’école et demander un suivi clair
L’intimidation ne doit pas être gérée en solo: l’école joue un rôle essentiel. Encouragez votre ado à parler à un.e adulte de confiance (prof, intervenant.e, directeur.rice), et contactez vous-même l’école pour signaler la situation. L’important est de travailler en équipe et de demander un plan d’action concret, avec un suivi.
Évitez de tenter de régler le problème directement avec l’intimidateur.trice ou ses parents: cela peut parfois aggraver les tensions. Si la réponse de l’école ne vous satisfait pas, vous pouvez vous tourner vers le centre de services scolaire et le protecteur de l’élève. Et si vous croyez que la sécurité de votre jeune est réellement menacée ou qu’il s’agit d’un acte criminel (menaces, extorsion, agression, harcèlement grave), vous pouvez contacter la police : c’est un recours légitime.
Renforcer sa confiance et briser l’isolement (le vrai « bouclier » à long terme)
L’intimidation abîme l’estime de soi. Pour aider votre ado à se reconstruire, encouragez tout ce qui nourrit un sentiment de compétence et d’appartenance : activités sportives ou artistiques, clubs, projets, bénévolat, sorties avec des ami.e.s bienveillant.e.s. Cela l’aide à se rappeler qu’iel vaut plus que ce qu’on lui fait vivre.
Montrez-lui aussi que vous voyez ses forces et ses qualités, même quand iel n’y arrive plus. Enfin, restez attentif.ive dans les semaines qui suivent : parfois, l’intimidation laisse des traces d’anxiété ou de tristesse. Si votre ado semble très affecté.e (isolement marqué, idées noires, peur constante, changement important d’humeur), n’hésitez pas à demander de l’aide à un.e professionnel.le (CLSC, psychologue, Tel-jeunes).
💡Votre ado n’a pas à traverser ça seul.e. En l’écoutant, en agissant ensemble et en mobilisant les bons adultes autour de lui.d’elle, vous l’aidez à retrouver un sentiment de sécurité… et à reprendre sa place.